EGLISE et CRYPTE


L’Eglise Saint Philbert et sa crypte

VIIème – XIème siècle : L’église Saint-Philbert de Noirmoutier s’élève à l’emplacement de l’église Notre-Dame du monastère bénédictin fondé vers 675 par Saint Philbert. Une chapelle destinée à abriter les restes du saint fondateur sera construite, après 685, dans le prolongement de l’abside de cette église, à l’emplacement de la crypte actuelle.
L’église Notre-Dame, incendiée en 732, reconstruite en 804, saccagée de nouveau en 825, 830 et 834, abandonnée par les moines en 836, restera plus ou moins en ruine jusqu’à la fin du XIème siècle.
XIème – XIVème siècle : Le calme étant revenu après l’an mille, quelques religieux de Tournus reprennent possession des bâtiments conventuels de Noirmoutier où ils établissent un prieuré. Avec l’aide des sires de La Garnache, seigneurs de l’île, ils reconstruisent l’église qu’ils dédient à leur saint fondateur. L’église nouvelle est construite en forme de croix latine et de dimensions plus importantes. En 1388, les Anglais, sous la conduite de Richard d’Arundel, font une incursion dans l’île, détruisent l’église paroissiale Saint-Michel et endommagent gravement l’église Saint-Philbert. Pour accueillir les fidèles privés de leur lieu de culte, les religieux ajoutent, au sud, une seconde nef à l’église de leur monastère.
XVIIème – XVIIIème siècle : En 1666, le curé Jean Baizeau fait construire la nef nord et, après la descente des Hollandais en 1674, procède à la réfection totale des trois nefs.

De la même époque, datent les deux retables :

Dans le transept sud, le retable du Rosaire (vers 1690) :

Le tableau rond central représente la Vierge à l’Enfant qui tend un Rosaire à St Dominique ; cette toile a remplacé au XVIIIème siècle une toile d’origine. On remarque que le Père Eternel surplombe le retable. Les médaillons représentent St Jean et St Mathieu. Les statues de style plutôt néo-classique (avec drapé à l’antique) achetées par le Père Morisset sont celles de St Joseph, St Clément, patron des marins (devise Adieu-vat !), deuxième pape et jeté à la mer attaché à une ancre (fête le 23 novembre) et St Jean l’Evangéliste.

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Dans le transept nord, le retable de Sainte Anne (vers 1710) :
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Ce retable est plus sobre, avec moins de chutes de fleurs ; le Père Eternel est remplacé par deux angelots sur fronton ; la couronne est plus modeste.
Le tableau central, d’époque, représente Ste Anne et St Joachim son époux avec la Ste Vierge enfant. Les médaillons comportaient les deux autres évangélistes, St Luc retiré pour cause de vétusté et St Marc toujours visible. La statue de Ste Anne a disparu à la Révolution, son nom restant sur la niche supérieure. Les statues actuelles sont celles de St Jean Baptiste, de St Hilaire et d’un évêque non identifié.
Les retables seront classés en 1902.
Fin XVIIIème - XIXème siècle : A partir de janvier 1794, l’église gardée militairement par les républicains, devient la prison de la malheureuse garnison vendéenne. Complètement désaffectée en 1795, elle sert de magasin à fourrage jusqu’au Concordat de 1801. Entre 1822 et 1824, le curé Jacques Morisset confie au sculpteur tourangeau Barrême le soin d’exécuter les six statues de bois et les deux autels des chapelles du Rosaire et de Sainte-Anne, le Christ suspendu dans la nef et les statues du roi David et de sainte Cécile placées dans l’abside.
Dans la nuit du 13 au 14 janvier 1843, la foudre mit le feu à la pointe du clocher élevé à la fin du XVIIIème qui, diminué de hauteur et réparé sommairement, ne fut remplacé qu’en 1874. Le 29 avril 1849, l’évêque de Luçon consacrait l’église et son double maître-autel en marbre. Cependant, c’est sous le quatrième pastorat de M. Eugène Pinet (1858-1885) que s’exécutèrent dans l’église les plus importants travaux. Ils commencèrent par une restauration intelligente de la crypte en 1863 ; ce fut ensuite la reconstruction du clocher en 1874-1875.
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Deux œuvres particulières peuvent être admirées :
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La maquette d’une frégate de cinquante canons a été réalisée en 1802 par un horloger de la Place des Halles, Jacques Sibiril, à la demande de la famille Jacobsen qui en fait don à l’église ; Auguste Jacobsen, lieutenant de vaisseau de la marine de guerre, aurait commandé le navire (nommé St Philbert ?) pendant la Révolution.
Offert en 1855 par Napoléon III, le tableau la Pêche miraculeuse de J.B. Jouvenet (1644-1717) est une copie exécutée par Charles-Victor Lefebvre de l’original livré au Louvre en 1712. Ce tableau inspira peut-être Henri Rousseau qui peignit la Pêche miraculeuse de l’Eglise du Viel en 1916.
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La crypte :

La crypte de l’église est un lieu très ancien, recueilli, sous ses voûtes romanes. Au centre, un monument funéraire du XIème siècle, appelé cénotaphe, indique le premier lieu de sépulture de Saint Philbert.
Les bases des murs donnent les proportions d’une petite chapelle située dans l’enceinte du monastère.
Cette chapelle fût aménagée au XIème siècle en crypte de l’église. Elle restera un lieu de prière et de pèlerinage jusqu’à la fin du XVIIème siècle, quand l’église fût pillée par les Hollandais. De nouveau profanée sous la Révolution Française et pendant les Guerres de Vendée, la crypte fût déblayée, vers 1810, par quelques filles du pays, dont la jeune Rose-Virginie PELLETIER, la future fondatrice des Sœurs de charité du bon Pasteur.
Restaurée en 1863, classée monument historique en 1898, ce lieu vénérable, témoin d’une histoire, est aussi témoin d’une prière qui humanisa l’île de Noirmoutier. Ce fût l’œuvre de Dieu en Saint Philbert.


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