St PHILBERT


Saint Philbert, moine et missionnaire (616-685)

Saint Philbert vécut en France dans de nombreux endroits et notamment à Noirmoutier, voici quatorze siècles.
On a ortographié aussi Filibert et Philibert ; Philbert est un mot d’origine germanique qui signifie le très brillant.
Deux récits principaux ont fait connaître St Philbert : Vita Filiberti (Vie de St Philbert), écrite au VIIIème siècle par un moine anonyme de Jumièges, réécrite par Ermentaire, moine de Noirmoutier en 840, dont un manuscrit est conservé à Tournus.
Saint Philbert est fêté le 23 août.
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En voici l’histoire

Né en 616 à Eauze (Gers), capitale de l’Aquitaine, au temps du roi Dagobert, Philbert était fils de Philibaud, un haut fonctionnaire royal, équivalent du préfet moderne. Celui-ci, devenu veuf, fut demandé comme évêque par les habitants de la capitale.
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Elevé à la cour du roi
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Philbert fut élevé à la cour du roi et d’abord destiné à une carrière administrative. Il se lia d’amitié avec Wandrille et Ouen ; l’un devint Abbé et l’autre évêque de Rouen.
A 20 ans, il se fait moine.
Peu à peu, naît en lui le désir de la vie monastique et il entre à l’abbaye de Rebais (Seine et Marne) fondée par St Ouen. Il avait environ 20 ans. En 650, à 34 ans, il est élu Abbé de Rebais. Puis, il se met à voyager d’une abbaye à l’autre, à travers la France, la Suisse, l’Italie et fait provision d’expériences.
Le temps des abbayes.
A la suite de St Colomban, moine irlandais qui fonde de nombreux monastères au début du VIIème siècle et de St Benoît qui instaure l’ordre des Bénédictins, la vie monastique fleurit et les abbayes deviennent des hauts-lieux de la recherche de Dieu, du travail intellectuel et manuel. Chacune a ses règles propres, sous l’autorité de l’Abbé élu par ses pairs. Elles ont un fort impact sur les populations qu’elles évangélisent, instruisent et soignent.
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Abbé de Jumièges en 654
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Philbert fonde lui-même en 654 une abbaye, dans une boucle de la Seine : Jumièges, dont les ruines majestueuses donnent une idée de la taille de l’édifice, capable d’abriter vers la fin du VIIème siècle jusqu’à 900 religieux et 1500 travailleurs. L’âme de cette immense entreprise était Philbert, accueillant aux pauvres et aux voyageurs. Il équipait des bateaux et envoyait ses religieux pour échanger les produits de l’abbaye contre des esclaves ; ceux-ci, amenés au monastère, étaient rétablis et libérés.
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Abbé de Noirmoutier et bâtisseur
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Poursuivi par la haine d’Ebroïn, maire du palais qui fit tuer St Léger, Philbert est emprisonné à Rouen. Libéré après quelques semaines mais interdit de séjour à Jumièges, il trouve asile auprès de l’évêque de Poitiers, Ansoald, qui l’autorise à fonder un monastère vers 674-75 aux confins de son diocèse dans l’île d’Er, la future Noirmoutier.
Déjà existait une communauté chrétienne au Vieil depuis le temps de St Hilaire, évêque de Poitiers au IVème siècle, comme l’attesterait la Chapelle St Hilaire-du-Vieil.
Le moine Philbert était de la taille des grands conducteurs d’hommes. En quelques années, il transforme cette île pauvre et faiblement peuplée. Il l’évangélise en l’aidant à mieux vivre. Avec les moines, les habitants défrichent les terres et les fertilisent en utilisant le goémon. Pour gagner des terres et pour développer la récolte de sel, il fait creuser des canaux à travers les marécages et protège la côte Est par une série de digues ; il trace des chemins, il construit des ponts, il aménage le port de Noirmoutier. Dans le même temps, sortent de terre les bâtiments monastiques. Philbert "avait jeté les yeux sur un endroit, plus solitaire, près de la grève, au sud du bourg. La marée montante viendrait battre les murailles de la future abbaye" , au lieu donc ou s’élèvent aujourd’hui le château, l’église et toutes les maisons environnantes. Le plan de l’abbaye devait s’inspirer de celui de Jumièges.
Philbert s’appliqua à l’évangélisation de l’île, avec la paroisse St Michel, et des régions voisines. On lui doit aussi la fondation ou la réforme des abbayes de Luçon et de St Michel en l’Herm.

"Toujours il avait à la bouche le nom du Christ et toujours dans son cœur resplendissaient la lumière et la force de l’Esprit-Saint" (Vita Filiberti). Tel fût le paradoxe de la vie de St Philbert : il ne voulut chercher que Dieu seul, et il transforma cette île sauvage et désolée en terre chrétienne et hospitalière.
Mort à Noirmoutier en 685.
Il mourut au milieu de ses moines et du peuple de Noirmoutier le 20 août 685. Son corps fut déposé au lieu actuel de la crypte, vénéré par ses frères et gardé ainsi jusqu’au temps des invasions normandes du IXème siècle.
En raison des incursions de plus en plus fréquentes des Normands dans l’île, les moines de Noirmoutier transportent en 836 dans leur église de Déas, devenu St Philbert de Grand Lieu, le sarcophage contenant les restes de leur fondateur. En 858, de nouvelles attaques normandes les poussèrent vers Cunault puis dans une pérégrination qui devait se terminer à Tournus en Bourgogne en 875.


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